Finances de la ville

Réunion publique du 11 mars 2020

Intervention sur les FINANCES de Delphine LEFRANC et Clarisse ORIOL

La majorité sortante n’a cessé de clamer depuis 6 ans que notre ville était au bord de la faillite en 2014. Pour illustrer cette faillite, quoi de mieux que les chiffres officiels de la Direction Générale des Finances Publiques.

Que nous disent les chiffres officiels ?

Comme vous le voyez sur le graphique ci-dessous, en 2014, le résultat comptable s’élevait à 540 000 euros. Ce résultat a été en constante amélioration depuis notre arrivée en 2008.

Il y avait donc un excédent de 540 000 et non une faillite comme cela a été colporté.

Au mandat précédent nous vous l’accordons, l’équipe de Jean TKACZUK avait dû faire face à un réel défi, puisqu’en 2001, en arrivant aux affaires, l’adjointe aux finances avait trouvé un compte de fonctionnement dans le rouge. Les élus de cette époque ont courageusement fait face à cette situation, sans se lamenter, sans tirer sur la précédente majorité. Les services de la préfecture ne leur ont pas laissé beaucoup de choix : devant la menace d’une mise sous tutelle, ils ont assumé une hausse importante des impôts, mesure impopulaire mais inévitable pour redresser une situation catastrophique.

Ces hausses d’impôt, vous les voyez bien sur le graphique en 2002, mais ensuite les hausses d’impôts ont été mesurées.

LA COMMUNE AVAIT RETROUVE UNE BONNE SANTE FINANCIÈRE EN 2014 CONTRAIREMENT A CE QUI A ÉTÉ DIT.

La majorité sortante se félicite d’avoir eu une gestion irréprochable et nous chante avoir baissé les taux d’imposition.

Le tableau que vous trouverez en page 2 de leur programme et que nous avons repris ci-dessous est pourtant incomplet et trahit la réalité.

On ne nous dit pas tout ! La réalité, c’est que chaque lislois a vu le montant de ses impôts augmenter entre 2014 et 2019.

L’explication est simple :

Comme on vous le montre dans notre tableau, la majorité sortante a effectivement baissé les taux, mais pas sans raison ni pour satisfaire les administrés.

Les taux de la commune ont baissé car depuis 2017, les transferts de compétences vers l’Agglo ont mécaniquement provoqué un transfert des taxes prélevées. Comprenez bien, quand l’agglo aujourd’hui paye les salaires de la moitié du personnel lislois, il est normal que nos impôts alimentent le budget de l’agglo et plus celui de la commune.

Du coup, il faut tenir compte de tous les paramètres, et au regard des taxes prélevées par l’agglo, les taux de nos impôts ont augmentés de 7,50% pour la taxe d’habitation et de 4,07% pour la taxe foncière.

Vous voyez que pour apprécier une situation financière, il faut tenir compte d’un contexte global et poser tous les chiffres, pas seulement ceux qui nous arrangent ! 

Nous pouvons donc affirmer que non les impôts n’ont pas baissé pour les lislois entre 2014 et 2020. Et bien évidemment, vous pouvez tous vérifier ces informations dès ce soir, directement en regardant vos avis d’imposition.

Parlons enfin de ce qui fâche : LA DETTE !

Ce refrain de la dette qui aura été l’unique rengaine de la majorité sortante depuis 6 ans.

Arrêtons-nous tout d’abord sur le vocabulaire utilisé : ce que la majorité sortante appelle DETTE et nous reproche, ce sont en réalité des EMPRUNTS contractés auprès des banques pour financer des investissements structurants, notamment les écoles, la cantine ou la salle des aînés.

Ces équipements, aucune collectivité n’est en capacité de les payer cash, et surtout il est légitime de les financer sur du long terme puisque ce sont plusieurs générations qui vont en profiter.

Pour financer l’achat d’une maison, vous connaissez beaucoup de gens qui n’ont pas recours à l’emprunt ?

Ces emprunts, nous avons toujours eu les moyens de les rembourser, je vous rappelle les chiffres du premier tableau qui montrent que depuis 2008 notre commune a retrouvé une bonne santé financière.

 Donc en réalité, nous n’avons pas vécu au-dessus de nos moyens, nous n’avons pas emprunté plus que ce qui était nécessaire.

En fait tout ça a été dit et publié par la chambre régionale des comptes (police des Polices qui contrôle chaque année l’Etat et ses services pour souligner les dérives), mais également par la perception de Gaillac, et puis la Préfecture aussi dans le cadre du suivi des communes.

Mais surtout, nous ne l’avons jamais caché aux lislois, nous sommes fiers des réalisations importantes que nous avons conduits entre 2008 et 2014, et dans notre publication municipale en septembre 2013, nous affichions l’encourt de la dette de 8,55 M €.

Une dernière précision concernant ces emprunts :

Voici le tableau que vous trouverez en page 2 du programme de la majorité sortante, dans lequel ils se félicitent d’avoir diminué la dette de près d’un tiers grâce au travail accompli.

Alors ce travail accompli, de quoi s’agit-il ? L’adjoint aux finances a t’il été renégocier les taux auprès des banquiers, c’est vrai que les taux ont beaucoup baissé, il fallait en profiter, personnellement j’ai gagné 2 ans sur la durée de mon emprunt immobilier. Mais non les taux des emprunts de la commune de Lisle sur Tarn n’ont pas été renégociés.

La réalité est moins glorieuse : PAS DE MAGIE NI NE MIRACLE DANS LA REDUCTION DE L’EMPRUNT, la majorité sortante est restée passive et la baisse du capital des emprunts n’est due qu’à 2 choses :

  • d’une part parce que comme n’importe quel emprunt, le capital restant dû diminue après chaque échéance remboursée. Donc il n’y a pas de gloire à retirer de cette baisse mécanique ;
  • d’autre part, avec le transfert de la compétence enfance jeunesse à l’Agglo, l’équipe sortante a non seulement transféré la moitié des salariés mais aussi 1,425 M d’emprunt relatif aux écoles. Il est donc étonnant de lire dans ce même programme et là je cite “ il est erroné de dire que les finances locales se sont améliorées avec la création de la communauté d’agglomération ». Pour la réduction des emprunts lislois, l’amélioration rapide n’est due qu’à la communauté d’agglo !

Il nous semblait important de vous apporter ces éclaircissements et nous allons maintenant vous exposer notre programme, la façon dont nous envisageons la conduite d’un nouveau mandat du point de vue des finances.

Depuis 2014, le résultat comptable s’est amélioré, et la majorité sortante a choisi de mener une politique d’austérité en gardant de la trésorerie en réserve.

C’est sur ce fonctionnement que nous allons nous différencier de l’équipe sortante, car la vocation d’une collectivité n’est pas de faire de l’épargne avec nos impôts, un gros coussin bien confortable quand nos routes sont pleines de trous.

Comme vous pouvez le constater sur ces tableaux qui récapitulent les dépenses d’investissement réalisées depuis 2001, la majorité sortante a réalisé 4 fois moins de travaux que sur les 2 précédents mandats.

Avec 2,5 M € de dépense, nous affirmons que non il n’y a pas eu de grandes réalisations depuis 6 ans quand les seuls travaux se résument à l’aire de jeu au lac et au club house au rugby.

Alors pour être honnête, ces tableaux ne tiennent pas compte sur le mandat qui s’achève du projet de Pôle culturel avec un nouveau musée, investissement de 2 M€ que la majorité sortante a affiché le 9 janvier 2020 lors de sa réunion publique, et a validé en urgence lors de l’avant dernier conseil municipal de la mandature.

On nous a expliqué que les sommes nécessaires à ce projet culturel étaient déjà réservées et que la prochaine équipe municipale pourrait réaliser les travaux sans emprunt. Il s’agirait donc d’un pactole de plus de 2 millions €.

Mais c’est justement ici que nos programmes sont les plus éloignés.

Avec ce budget de 2 M d’ , nous avons d’autres projets pour les lislois :

  • Bien entendu, nous voulons réaliser au plus vite la mise en accessibilité de la salle des fêtes, et la mise en accessibilité du musée Raymond Lafage également.
  • Ces travaux auraient dû être réalisés depuis 6 ans, il ne faut plus les différer, et comme vous l’a présenté Ludovic, le coût pour installer deux ascenseurs laisse de la marge pour d’autres réalisations.
  • Il faut réinvestir sur la voirie qui souffre
  • Il faut enfin se pencher sur la rénovation de la piscine qui est en vrai péril de fermeture, 6 ans après nos derniers grands travaux
  • Nous souhaitons continuer à améliorer les équipements sportifs et récréatifs
  • Nous voulons mettre en oeuvre le projet de Maison de santé
  • La restauration de notre Patrimoine Lislois sera aussi programmée, nous pensons notamment à la fontaine du Griffoul et à l’église ND de la Jonquière
  • Et enfin, nous devrons mettre en conformité la station d’épuration, en concertation avec la communauté d’agglo qui en a pris la compétence au 1 er janvier 2020.

Voilà quelles seront nos priorités en matière d’investissement, et nos finances nous permettent de les réaliser.

Forts d’une première expérience municipale, nous nous engageons :

  • à gérer le budget avec un programme pluriannuel établi en concertation avec les différentes commissions ;
  • à bien calibrer les prévisions pour ne pas déraper dans le coût des investissements ;
  • à ne pas augmenter le taux des impôts ;
  • tout en maîtrisant le niveau de la dette.