Déménagement du musée Raymond LAFAGE

Une ANALYSE de Ludovic Ginestet, Architecte DPLG

MARS 2020 

INTRODUCTION

C’est en toute dernière minute du mandat 2014-2020, que nous avons appris qu’un déplacement du MUSEE Raymond LAFAGE était envisagé, programmé.

Malheureusement sans aucune consultation préalable de la population !

C’est une par une réunion publique tenue le 9 Janvier 2020 qu’a eu lieu une présentation express aux citoyens de Lisle (Mais ce n’était qu’une simple information sur le dossier et non une consultation délibérative et décisionnelle comme prétendument affirmé) A cette occasion le caractère non abouti du projet était saisissant, avec une seule motivation mise en avant :   faire des économies ! (Économies d’ascenseur avant tout, mais aussi de personnel …etc.). Nous verrons plus loin qu’on est en fait loin du compte.

Le terme ECONOMIE en soi, ne veux rien dire ! Il faut plutôt s’interroger sur la nature des investissements, leur utilité, leur pertinence, la qualité de ceux-ci.

Les questions de fond sont :  

Peut-on déplacer le MUSSE actuel, dans le bâtiment d’à côté de la salle des Fêtes ?  

Pour quel résultat ? Pour quel prix ? Est-ce prioritaire ?

LES DONNÉES DE L’AFFAIRE

Le projet municipal présenté :

Le bâtiment choisi par Madame la Maire pour installer ce qui est appelé « Pôle culturel », possède 3 niveaux ; en les additionnant, on a une surface de 420 m2 ! (RDC : 115 m2 R+1 : 160 m2 et R+2 : 145 m2).

Il nous était annoncé dans la présentation, et pour le MUSÉE seul, une surface d’exposition pharaonique de 380 m2 (sur les plans cela donne 342 m2 !) Mais en fait pour exposer des œuvres seulement !

Par contre ce projet ne comporte pas de locaux techniques, pas de réserves….

Ce dernier type de locaux indispensables au fonctionnement naturel d’un MUSÉE sont absents de ce projet.  

 Resteront-ils sur place au niveau de l’actuel MUSÉE Raymond Lafage ?  

L’actuel MUSÉE Raymond LAFAGE :

Le MUSÉE actuel situé au 10 Rue Victor Maziès est un long et imposant bâtiment composé de deux plateaux, deux niveaux de 350 m2 chacun, soit un total de 700 m2.

Il possède en outre une cour et son local annexe, soit 500 m2, de surface disponible supplémentaire, qui sert déjà à des activités en relation avec les expositions présentées (des concerts, du théâtre et autres manifestations …). Elle pourrait être facilement aménagée pour accueillir plus confortablement, le public et les artistes.

 Le RdC du MUSÉE actuel est occupé très partiellement par un accueil et une salle d’exposition.

 L’étage lui, comporte plusieurs salles d’expositions, des réserves et locaux techniques (atelier d’encadrements etc.). Il est occupé dans sa totalité pour 350 m2 en fonction actuellement.

 Le MUSÉE actuel, avec ses   400 m2 en fonctionnement, offre donc la possibilité, moyennant quelques aménagements, d’être rendu accessible à tous publics et de mettre à la disposition de ce même public 300 m2 supplémentaires. Ce qui porterait la capacité du MUSÉE Raymond Lafage à 700 m2.

Si on y ajoute l’aménagement facile est peu onéreux des 500 m2 de surface de cour, on obtient un outil culturel plus confortable pour des artistes et un public de plus en plus nombreux.

SURFACES ET VOLUMES 

  Le projet proposé par la majorité municipale comptabilise 342 m2 de surfaces d’exposition UNIQUEMENT. Il lui manque les locaux indispensables au bon fonctionnement d’un musée.

 

L’annonce d’une augmentation de 30 % ou 32 % des surfaces disponibles dans le MUSÉE actuel n’est pas crédible. 

Les nouveaux espaces proposés ont des proportions qui s’apparentent plus à un « couloir » qu’à des salles d’expositions. Qui fréquente des musées n’est pas sans savoir qu’il faut du recul pour admirer une œuvre. Dans le présent projet on n’a souvent que des largeurs de 3,5 m pour cela !

Les hauteurs sous plafond sont également minimes. Il y a des tableaux, qui de par leurs dimensions, ne peuvent pas s’exposer dans de telles conditions.

Enfin ces couloirs seront éclairés de manière permanente et exclusive par un éclairage artificiel, car il n’y pas d’autres possibilités.

Tous ces problèmes et autres dysfonctionnements qui pénalisent la qualité de l’ensemble du projet viennent du mauvais choix fait par la majorité municipale actuelle. Et uniquement de cela !

Même avec la meilleure équipe d’architectes au monde on ne peut aménager un bon MUSÉE dans ces conditions. Donc ne blâmons pas ces derniers. Ils ont du talent mais ne pouvaient pas réussir en étant prisonniers de telles contraintes.

Aussi la QUESTION que l’on se pose tous (et qui est de taille !) est :

 Comment faire rentrer le MUSÉE actuel dans un bâtiment plus petit, et inadapté, sans abandonner des fonctions ou perdre des éléments en route ? ????

C’est   Impossible (Même avec un chausse pieds. !)

Le choix de ce bâtiment ressemble à une ineptie.  

Alors Pourquoi s’entêter ? 

LE PRIX DU DÉPLACEMENT :

On nous dit que pour 1,7 millions HT (soit 2 millions € TTC) de travaux on réalisera trois choses :

-un MUSÉE (que l’on sait minorer en surfaces et en activités avec des dysfonctionnements majeurs),

– un office de tourisme (mais que l’on a déjà !)

– et une médiathèque.

Offrir l’accessibilité aux bâtiments publics aux personnes en situation d’handicap est nécessaire. C’est cher ! Mais la majorité municipale a trouvé un moyen de faire des économies !!!! 

L’idée présentée comme astucieuse, afin de satisfaire ces besoins est de MUTUALISER les équipements :

 Un seul ascenseur, pour le Musée, la salle des fêtes, la médiathèque, l’office de tourisme ….  etc. 

 On peut remarquer ici, qu’avec cette stratégie de l’économie il soit heureux que la piscine n’ait pas eu besoin d’ascenseur !  Sinon quel projet aurait-on eu à l’arrivée !

En fait combien cela coûterait-il de rendre accessible ces équipements, mais séparément :

1 – Mettre un ascenseur au musée, …  allez soyons large : 100 000€, TTC (le résultat du marché et de d’appel d’offre a en fait statué pour beaucoup moins soit 42 000€ HT)

2 – pour cette salle des fêtes 100 000€ aussi.

Pourquoi pas un ascenseur à la Mairie ? : 100 000€ de plus.     Soit au total 300 000€

 Listons ce que l’on peut faire en plus avec le budget de la phase #1 du pôle culturel :

    – Mettre une toiture sur cette salle 150 000 € TTC

    – Agrandir le MUSÉE actuel : 500 000€ TTC

    -…. ET il nous resterait 1 million d’€ encore.

Comme on le voit le coût de ce projet en phase #1 seule (ATTENTION il y a une phase #2 annoncée) n’apporte aucune économie et pénalise, appauvrit les équipements déjà opérationnels et hypothèque enfin des évolutions pertinentes et intelligentes

FINANCEMENTS

La présentation du coût financier du projet, qui a été faite est bien sûr « idyllique. ».

Elle nous dit cela ne nous coûtera rien ou pas grand-chose, à nous Lislois.

Le montage financier présenté est fondé sur des subventions théoriques, voire hypothétiques venant d’autres collectivités.  Mais en rien sûres à 100% !

On pourrait se dire tout de même que quelle que soit la part de la commune, du département, de la région etc. c’est toujours de la même poche que cela sort : la nôtre. Et on aurait raison.

Quoiqu’il en soit, il nous a été dit dans cette présentation que le « Plan de financement est évolutif en fonction des contraintes et caractéristiques du projet » 

Cela veut dire quoi ?

En fait que rien n’est définitivement arrêté. Que cela peut encore évoluer !  Dans quel sens ? Bien par l’annonce de la réfection non prévue de la toiture qui dès le 9 Janvier 2020 était déclarée comme faisant l’objet du dépôt d’un permis de construire modificatif ou encore des plus-values liées aux conditions de travail sous format COVID19.

Est-ce là la rigueur budgétaire TOTALE annoncée dont se prévaut cette municipalité ?

Mais la   présentation « édulcorée », faite pour cette phase #1 du projet, qui minimise les coûts réelminimise aussi la part réelle de la commune.

Juste un exemple facilement vérifiable :  faire une présentation Hors Taxes (HT) des travaux n’est pas honnête car on sait que l’État ne rembourse pas la totalité de la TVA sur les travaux engagés ; il faudra donc pour la commune financer cette part de TVA non remboursée

 Encore une fois quelle belle démonstration de rigueur budgétaire !

Ensuite la majorité municipale a évoqué même si c’est du bout des lèvres, une phase #2   de travaux.

 « Une opportunité, (ce sont les mots), qui a permis de faire l’acquisition (en catastrophe) d’un autre bâtiment pour une phase #2 (à l’arrière) ».

Est –ce pour rattraper les failles de la phase #1 ? Certainement !

Quelle dépense supplémentaire cela nécessitera-t-il ?  1 million d’€, 2 millions d’€ Plus ?     On ne sait pas !  Elle ne sait pas ! Et après y aura-t-il une phase #3 ? 

CONCLUSIONS : 

 – Ce projet de nouveau MUSÉE est-il prioritaire ? 

NON ! Car il y a d’autres Équipements indispensables à considérer en priorité !

  – Le déplacement de celui –ci s’imposent –il ? 

NON ! il se fait contre toute intelligence !

On nous présente une tranche #1 de “Pôle culturel » sous-estimée (il y aura forcément des surprises en phase de démolition et aussi pour la stabilisation, la protection du bâti limitrophe. C’est un chantier forcément long et difficile qui s’annonce) et une phase #2 non chiffrée, mais forcément conséquente ! 

 – Devra–t–on au final financer 4 millions d’€ ? Plus ?  Pour avoir quoi au final ? :   

un MUSÉE deux fois plus petit que l’actuel et mal « fichu » ; un office de tourisme plus petit lui aussi et que l’on a déjà tous 2 ! 

Une médiathèque améliorée ???? 

 Parlons-en de la médiathèque !

 Une médiathèque c’est un lieu où l’on peut venir chercher des livres, des documents audiovisuels, mais pas que !

On doit pouvoir y rencontrer des auteurs, faire des conférences, des expositions accueillir des élèves, y lire en toute quiétude, étudier, consulter des documents …etc.  

  Il faut de la place et des locaux différenciés pour cela !

Après l’acquisition du bâtiment « d’à côté » on aurait pu imaginer, espérer, transformer ce dépôt de livres, en VRAIE médiathèque. Eh bien non ! 

Ce projet municipal hypothèque tout cela.

4) A-t-on une idée pour le devenir du bâtiment abritant le MUSÉE actuel ? NON !

 5) Que fait-on de l’historique du MUSÉE R LAFAGE et des liens qu’entretiennent les Lislois avec ce lieu ?  On passe outre, on néglige, on ignore.

Ce projet est fantaisiste, voire foutraque, il nous a été imposé sans concertation aucune, par la volonté d’une seule personne, n’écoutant personne. 

On peut à faible coût rendre le MUSÉE R LAFAGE actuel accessible à tout public (ascenseur).  Sans hypothéquer son évolution future, sans jeter à la poubelle ce qui existe déjà ! 

Si nous avions été élus en Mars 2020, nous aurions mené une réelle étude sur le rôle d’un MUSÉE à Lisle et sur son évolution possible y compris en matière d’accessibilité du MUSÉE. 

TOUT cela avec vous les lislois, au travers d’une Commission de citoyens : cela s‘appelle la démocratie participative.  

Il faut dans tout projet touchant au bien commun redonner la parole aux lislois, sur ce sujet comme sur bien d’autres !

TEXTE de Ludovic GINESTET, Architecte DPLG.

Agir pour Tous, pour un grand Lisle rassemblé